22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 20:28

Dans le doute depuis trois mois,loin d'avancer comme l'a dit le philosophe,je sasse et ressasse.Pauvre gosse fallait-il que ton caractère impétueux ,peut-être ta paresse et plus sûrement le mal qui te taraudait le ventre te conduisissent au rejet le plus violent de l'école.Lancé dès 15 ans dans le grand bain,très vite baptisé à la douche écossaise,dans cet atelier qui t'accueillit comme le prophète...Il te fallut assumer tes contradictions.A en chier 45 heures par semaine dans une boîte ou le paternalisme vivait encore de beaux jours.Le contremaître petit trapu, la cinquantaine bien sonnée,la mine sévère,accentuée encore lorsqu'il chaussait ses lunettes à monture d'acier .Aviné plus souvent qu'à son tour ce type tirait sa légitimité des échelons gravis aux côtés du fondateur de la SA .Mais encore avait-il l'excuse d'avoir été lui-même un apprenti élevé à la dure,tandis que le chef de fabrication un pédant faisant de l'ironie une illusoire suprématie .(Il prenait les apprentis pour des cons,et nous le lui rendions bien ,cette tâche).Ah il faut bien dire qu'il ne rechignait pas non plus que les autres ,hormis les arpètes,à aligner les "blondes".Chaque semaine( avec je suppose l'accord tacite du singe) , une livraison de casiers tintinnabulants entrait au magasin d'outillage .Bien sûr les conditions de travail étaient propices à l'épanouissement personnel,les doléances entendues ...et nous travaillions donc dans la joie et l'allégresse.Ah il y avait bien des difficultés, par exemple des chariots,même pas hydrauliques,mais à ressorts dynamiques ,chargés d'une tonne de tôle ,qu'il nous fallait au prix d'efforts,selon notre cher Guy(chef de fabrication)formateurs pour notre musculature,tirer sur un sol inégal .Ne nous avait-il pas lancé lors du déchargement d'une semi-remorque nous approvisionnant en socles de fontes :"cela vous fera de belles épaules ".Ha ha ha tout çà à l'heure du déjeuner.(la loi Elkhomri me ferait presque rire).Pauvres apprentis ,oui pauvres !Pauvre l'apprentissage,pauvre la rémunération,pauvre la société qui exploite sans vergogne...Ici le salaire était disaient certains avec une grinçante ironie,le "salaire de la peur";suer sang et eau pour un smic certes complémentaire pour une majorité des employés à une retraite de la marine ,mais quand même !Seuls les trois sableurs-métalliseurs travaillant me semble t-il à la tâche ,sans se faire des couilles en or ,ce qui aurait été un comble pour des "zingueurs",semblaient satisfaits de leur enveloppe mensuelle .L'atmosphère était souvent irrespirable,entre les vapeurs de zinc en fusion projeté au pistolet,les fumées de soudage ou les projections de découpage au chalumeau ,sans compter les émanations du trichloréthylène avec lequel nous dégraissions non seulement des pièces avant peinture,mais également nos "paluches" sales .Pouvions nous savoir, petites mains de l'industrie que cette saloperie nous détruisait les neurones sans compter?

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