19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 10:12

Sur je ne sais plus quel bâtiment de la "royale"alors que nous travaillons à la "machine" ,un marin évoquant la retraite m'avait fait cette réflexion :"la r'traite ,l'arthrite,l'arthrose!"Dans cette boîte, sitôt passés les 50 ans c'était la question récurrente.Croisiez vous une connaissance au supermarché,vous n'y coupiez pas:"tu es toujours là-bas"?(Les rats quittent le navire est une expression pas du tout galvaudée.Ceux qui restent n'ont qu'à écoper !)Puis :"ah tu t'accroches ".Presque un reproche ou une moquerie selon (en gros:" t'es con ,que restes-tu faire dans cette boîte de merde"?)Ma réponse ne variait pas :"la retraite?C'est pour les vieux"...oh je ne vais pas jouer les capitaines courage,je suis depuis belle lurette sorti de la mine!Après avoir été un "bouffeur de ferraille",ouvreur de brèche ou redresseur de tords,des "Bâtiments en Fer "au quai des flottilles,de la "plaine du Salou" aux "Lions" de Pontaniou ,m'être échevelé aux épis de la rade abri ,éreinté sur les ponts et cogné les coins et recoins de tous ce qui flottait sur la noire Penfeld ou les flots bleus de Laninon,j'échouais donc délesté de mes outils,de mon "savoir faire" devenu inutile,dans un univers exotique dont pourtant sans l'avoir jamais soupçonné, non seulement je côtoyais le bâti,mais utilisais tous les jours ce qui en faisait la raison d'être .Je débarquais à la recette des matériels livrés par les différents fournisseurs ;de la "semence"de cuivre emballée dans du carton ficelé aux mille feuilles de tôles noires ou inoxydables , une kyrielle de références de toute nature aux appellations souvent savoureuses et déroutantes,ainsi appris-je que les lacets dont un destinataire me demandait des nouvelles ,ne verraient jamais un œillet de chaussure,mais seraient mariés à de solides écrous et que le grain s'il voyait jamais un moulin ne serait pour autant moulu .Combien de fois ne fus-je déconcerté dans la comparaison du bon de commande avec le bon de livraison ,mais ma sagacité qui révélait l'élémentaire coïncidence de l'objet commandé et reçu,m'offrait un moment de pure jouissance .Ainsi à 43 ans ai-je découvert, avec je dois l'avouer une certaine gaucherie ,le pianotage du majeur.L'ordinateur n'ayant pas encore sa place dans mon foyer, le néophyte que j'étais subissait les sarcasmes (les gros doigts me disait un collègue)ou les pointes d'agacements de certains quant à l'aide requise .

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