Brest blog,humeur ,liberté de pensée ,poésie,tranche de vie,humour,et sarcasmes
19 Novembre 2010
J'ai connu la griserie, l'ivresse des sommets , celle des profondeurs . J'ai connu les bouffées de chaleur, les douches écossaises. J' ai connu le pinacle, j'ai connu la poussière . j'ai connu les chants , j'ai connu les pleurs. J'ai connu le tapis rouge et les affres du tapis vert,quand tu tombes des nues,mort de rage . Fauché en pleine gloire , vidé, ruiné,gorge sèche et estomac noué. J'ai connu la "baraka", le feeling chevillé au corps, j 'étais un demi-dieu, un fort des halles, pour tout dire un champion . J'ai connu la solitude du coureur de fond, pas d'amis que des adversaires , envié, jalousé et quelques fois maudit. J'en ai connu des nuits blanches et des jours noirs , tantôt disert et tantôt muet. J'ai traversé le désert sans carte et sans boussole, j'ai connu les mirages pompeurs de tunes. J'ai connu les champs de blé, le pain blanc,j e dirai même béni et les tartines gourmandes , le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. L'aventure, l'audace ou l'inconscience, la fébrilité , la frénésie, c'était mon quotidien; que m'importait l'orage ou la tempête de ciel bleu! La fraîche dans la main, je n'avais qu'une religion : le jeu! Tel un cocaïnomane j'aiguisais mes neurones , les idées fusaient comme des étoiles filantes. Illuminé , en transe, le sang me battant les tempes pour un orgasme" inégalable". J'étais tour à tour trappeur, chamane ou chercheur d'or; oubliées les vicissitudes de la vie. Le voyage de Jason mais sans les argonautes, à moi la toison d'or. Nous formions le hasard et moi, un couple improbable, de pirouette en traquenard ! Ah que j'aimais ça , fermer la gueule à tous ces "baveurs" , ces démagos, pour moi le jeu était un art , avec ses codes, pas de blasphème, pas de compromis , pas de complaisance! Bien sûr , il y eu des chefs-d'œuvre réduits à néant par des plénipotentiaires guindés, des épopées tragiques et des hémorragies monétaires. Mais que de bonheurs ! Dérisoire dirons certains, c'est qu'ils n'ont pas connu le fil du rasoir , le merveilleux déséquilibre qui te fait osciller du morbide au sublime..