3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 19:26

Ha ha ha ce que je peux être con !Une semaine passée sans la moindre brûlure ...pas une alerte!Mais ce soir je vais danser comme un beau diable .La fièvre du samedi soir ,non pas à me tortiller ,mais à me tordre!Une douleur comme j'en ai connue qu'une fois dans ma vie,après une infiltration dans l'épaule,mais encore celle-là ne dura t-elle pas comme la scélérate qui me porte cette nuit aux enfers.Une main de fer me compresse le poumon droit ,le réduit en une boule si dense ...J'ai l'impression que tout mon corps se réduit là dans une douleur magnétique .Ah je regrette cette putain de morphine,cette fille ,qui saurait encore me donner du bonheur.Elle m'a laissé tomber et je suis haletant,presque hébété,incrédule ...ce brutal retour de manivelle dans le moteur !Tout mouvement m'arrache le flanc comme une escalope chez le boucher.Je dois me hisser sur les coudes pour tourner d'un bord à l'autre sans trouver la position idéale .A plat ,tête sur l'oreiller,jambes pliées ou étiré de tout mon long,rien n'y fait .Cette saloperie de crampe me taraude .Finalement j'opte pour le dos à plat et oreiller bien calé sous la nuque .Trouver une échappatoire...Purple rain ,purple rain ,cet air omniprésent depuis la disparition brutale de "Prince",comme un leitmotiv s'insinue dans mon cerveau qui d'office oblitère le ticket.En route pour un délire ...j'aimerais faire parler la poudre ...et dormir,dormir comme un bébé . Dans ma tête les mots balancent ,j'écris le plus beau des poèmes ;peut-être aussi le plus cruel.Je pense à ces patients hurlants dans une tempête de draps blancs,souffrant, à agonir de reproches quiconque les veille pourtant dans l'agonie et que seule une injection intelligente aurait conduits dans la dignité jusqu'à l'ultime porte.Purple rain ,purple rain ...

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:07

Nous sommes lundi ,il fait beau et je sors cet après midi .La tension est bonne ,la température normale,et si ce n'est un peu de fébrilité après quatre jours de quasi alitement,j'ai une forme étonnante après une opération de ce genre .La seule chose qui me chagrine c'est le cathéter encore figé sur le dos de ma main droite bleue comme un steak .On frappe à la porte ,une femme m'appelle pour une ultime radio de contrôle.Je ne saisis pas tout de suite que je dois la suivre,les derniers clichés ayant été tirés à même le lit .Je finis par la suivre .

"vous m'attendiez" lui dis-je .

"Oui suivez-moi"me dit-elle.

Une dernière fois je pose mon torse nu sur la plaque froide,je bloque ma respiration,çà y est .La manipulatrice fait une lecture sur un écran.

"C'est bon" me dit-elle

Je me rhabille.

"Vous arriverez à remonter par l'escalier"?

"Oui çà ira"

Je ne suis pas du genre à me laisser aller.Combien de batailles gagnées contre moi-même,l'adversité ne m'a jamais fait peur .La maladie vaincue,la tabagie éteinte,les tripes raclées.Jamais baissé les bras,la hargne amie fidèle me bottant le cul .Nul obstacle que je ne vainquis,courageux et froid.J'ai tracé ma vie comme une sente ,à coups francs dans la jungle.Un seul but ,le bonheur !J'ai donné des coups j'en ai reçus.Debout toujours ,quelques fois avec des béquilles bien sûr,mais confiant .Aujourd'hui pourtant je crains le combat inégal et l'inexorabilité de la cause à effet .Combien de temps encore serai-je dans ce bouillon amer dans lequel je surnage depuis la mi-mars ?Depuis le quinze mars exactement !Les ides me seront me seront-elles favorables ,moi qui sans être "hygiéniste"n'ai jamais franchi le Rubicon?

Je regagne ma chambre et revêt mon jean,un T shirt frais .Dans les starting block j'attends la signature des papiers de sortie.J'attendrai un certain temps!Treize heures trente ,ma femme patiente avec moi .L'infirmière de service nous informe:"les papiers de sortie vont être signés sans tarder par le chirurgien".Dans le milieu médical la notion du temps est plus que galvaudée,deux minutes n'ont de limite que notre exaspération .Une heure plus tard bagages faits,je me présente à la "réception"du service .J'entends l'infirmière papoter avec un collègue...Je reste poli ,je ne l'interpelle pas et pourtant ...elle finit par arriver .

"Vous pouvez passer au secrétariat du Dr S...tout est en ordre ".

"Merci au revoir" lui dis-je.

La secrétaire du Dr S ...m'accueille avec son sourire habituel,du moins celui que je lui connais .

"L e Dr Z...est en vacance cette semaine" .

Un rendez-vous est donc fixé pour le six juin .Elle me remet une ordonnance,une prescription pour du doliprane .

"Vous ne voulez pas un autre médicament?"m'interroge t-elle.

"Non" lui dis-je(je n'ai aucune douleur) .

Elle me remet un petit carton ;rendez-vous avec le chirurgien le 23 juin à 14h.

"Au revoir et bon courage monsieur ".

"Oh ne vous inquiétez pas .Je ne vais pas me laisser aller.Au revoir ".

."

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 22:43

Coucou revoilà l'infirmière pleine d'autorité et de malice qui m'accueillit à mon entrée mercredi dernier."Alors monsieur l'h...comment allez vous"?

"Bien,mais j'aimerais savoir quand vous me débarrassez de ce dispositif "?.J'en ai franchement marre de ces tuyaux"!"Le Dr Sa...m'a donné le feu vert pour une sortie lundi après midi ".

"Avant de retirer le drain (il pend à l'extérieur de mon pectoral droit)il ne faut plus de trace de sang dans le bocal".Je ne veux pas trépigner devant elle,mais ma patience est proche de la rupture.Un premier pas vers un soulagement total,elle retire le tuyau d'oxygène qui m'obstrue partiellement les narines ."Pour le reste je vois avec le chirurgien"me dit-elle.Passe l'après midi,vers six heures alors que ma femme et ma fille me tiennent compagnie,elle entre . Eh bien voilà nous y sommes,la délivrance tant attendue va être pratiquée.Je dis bien pratiquée car la suite va me ravir ."Mesdames si vous voulez bien sortir s'il vous plaît ".Quand elle me dit :"j'aurai besoin de l'aide de ma collègue",je ne m'inquiète pas plus que çà.La collègue tarde ,j'aimerais qu'elle s'active un peu.Enfin la voilà.

"Respirez un bon coup"me dit la petite marrante.A quatre mains, en un temps qui me paraît une éternité elles extraient,non sans que je râle un peu,une longueur que je n'aurais su imaginer.Ouf ...je respire de soulagement ,mais bonjour la délicatesse.Celle qui dirige la manœuvre m'informe que la plaie est trop large et nécessite la pose d'agrafes.Oh nooooon .S'adressant à sa collègue!"Il aurait pu faire une ouverture plus petite"dit-elle à propos du chirurgien .

"Il n'a pas du pouvoir faire autrement "lui réplique t-elle(çà sent l'allégeance au patron).

"D'habitude c'est moins large insiste la première .

Elles s'éclipsent quelques instants et reviennent avec le matériel adéquat.

"Deux trois agrafes ...et c'est fini "me dit avec aplomb la "maîtresse"de cérémonie.

A la première je suis renseigné sur la douleur,avant la deuxième j'appréhende déjà,et à la troisième je pousse un aaaah de réprobation .

"Bon on va vous donner un comprimé de morphine".Gentille attention ,je ne suis pas un veau tout de même.L'infirmière appelée à l'aide fait l'aller retour et me donne à sucer une pastille .Sans attendre le supplice reprend émaillé de ah et de han.Une ,deux ,trois ...

"Oh vous n'allez pas vous évanouir"!

"Non ,non "

La sueur à mon front comme un vin de vigueur...

Sept ,huit, neuf ...finalement treize agrafes viennent rapprocher les lèvres des trois plaies me marquant le flanc droit.

"Faisons une pose"me dit ma gentille "tortionnaire".

Son aide s'en va .Après ce morceau de bravoure,reste à retirer la sonde urinaire .Là encore la jouissance est intense.La sortie en plusieurs temps m'indique le degré d'intrusion de ce maudit tuyau et la brûlure que m'inflige son retrait est à la mesure de la première .Tandis que mon pénis endolori et sanguinolent déclasse déjà ma virilité,sans complexe, mater dolorosa me dit :"je vais vous chercher une couche".Sitôt dit, sitôt fait ,me voilà en pleine régression .

"Bon maintenant que vous m'avez dévoilé votre intimité,nous n'allons pas faire de manières"me dit-elle me lançant un clin d'œil.Puis pour enfoncer le clou elle me parle de ma "petite bedaine".(il est vrai que je suis relâché de puis l'opération).Devant mon air contrit elle se rattrape "J'en parle sans complexe.j'en ai une moi aussi" . Oh là mon pauvre Gilbert tu en prends une claque coco .Cinq jours dans cette cage et te voilà transformé en "vilain petit canard".Bon tu ne vas pas jouer les Caliméro!Mais merde ...ma dignité en prend un sérieux coup !Vivement demain que je m'arrache!

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 16:06

Un long dimanche ,très long dimanche que ce dimanche .Les beaux dimanches ont fait long feu;ceux de mon enfance où accompagné de mes frères et sœurs ,savonnés comme à l'habitude(notre mère veillait à notre parfaite toilette),mais "habillés",nous nous rendions à la grand messe .Non pas que nous fussions d'une grande piété,mais nous savions y croiser une tante de notre mère,qui sans être une grenouille de bénitier,était une fidèle parmi les fidèles .Ce qui pour nous avait un avantage non négligeable,nous étions certains, le jour du seigneur de la trouver et ainsi bénéficier d'une récompense sonnante et trébuchante(de quoi nous satisfaire en sucrerie,mais guère plus) à notre courageuse "matinalité" .Mais dieu si j'ose dire ,que ce jour me devint au fil des années le jour le plus morne,le jour le plus amer et le plus chiant .Souvent pourtant lorsqu'une belle rencontre pour lui se portait caution j'aurais aimé qu'il s'éternise ...mais coincé entre le "meilleur et le pire",souvent débordé par son joyeux et imposant prédécesseur et hypothéqué par le spectre du redouté lundi,comment lui accorder la légitimité?

Le train train habituel roule sans anicroche.Mais l'appareillage commence à me gonfler sérieusement .A quand ma liberté de mouvements ?J'en fais part aux aides soignantes du jour qui viennent d'entrer ,une brunette non dénuée de charme qui me chambre un peu et sa collègue un peu ronde qui fredonne complice .Je table sur ma sortie le lendemain,elles me taquinent encore,ce que je ne déteste pas.La chanteuse commence ma toilette et me passe le gant ...Le contact des parties intimes lui couperait -il le sifflet ?

Toujours est-il que je maintiens mes dires,je sortirai demain ."Le lundi est mon jour de repos "me dit l'une d'entre elle .C'est le cas également pour sa collègue ."Vous verrez bien" leur dis-je ,"mardi vous ne me retrouverez pas".Elles s'amusent encore ,vu mon état je peux les comprendre .Où est le fringant sexagénaire,torse bombé et mine fière ?

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:27

Nous sommes vendredi ...ou peut-être samedi ,ma mémoire amie plus que fidèle navigue encore dans les méandres vaporeux de l'anesthésie maintenant alimentés par la pompe à morphine.Une jeune infirmière blonde entre ."bonjour monsieur ,je dois vous faire une injection anti phlébite.Vous préférez le ventre ou la cuisse" ?Des piqûres dans différentes parties du corps y compris dans l'œil n'ont jamais percé à jour ma répulsion pour elles ,mais dans le ventre... comme j'ai le choix ; la cuisse me paraît moins sensible.La jolie blonde a pris congé.A nouveau la porte s'ouvre."Bonjour,pour le petit déjeuner,vous préférez thé ou café ,pain ou biscottes"se renseigne une dame avec un large sourire .-"café s'il vous plaît avec du pain,mais pas de beurre(j'ai une aversion pour le beurre cru,qui me vient de ma petite enfance).Je n'attends pas un quart d'heure, qu'elle me sert une belle tasse de café ,deux morceaux de pain,deux godets de confiture à l'abricot et un jus d'orange .Je ne boude pas mon plaisir,je n'ai pas mangé depuis mercredi soir.Les festivités continuent ,ici c'est kermesse et flonflon:la tension ,la température,le remplacement du flacon de glucose ,la vidange de la poche d'urine ,une radio des poumons etc ...Enguirlandé comme je suis,pas question de prendre une douche,aussi une aide soignante(un œil à Paris et l'autre à Moscou que des vers correcteurs n'arrivent pas à réconcilier complètement)me fait au gant la toilette intégrale .Puis je patiente dans un fauteuil le temps qu' aidée de sa collègue elle change les draps . La télé est allumée ... L'heure importe peu...le chirurgien est là.Il me rend compte de son acte:"finalement j'ai enlevé le lobe entier"puis il m'informe sur les nodules:"Nous n'avons rien vu c'était trop écrasé".Du moins c'est que j'ai cru comprendre.Un regain d'espoir me parcourt les veines ."Vous pourrez sortir lundi"rajoute t-il avant de quitter la chambre .

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 15:12

Un infirmier me transborde du lit sur un brancard.Le plafond du couloir défile comme une bande blanche continue.Déjà les lumières me semblent tamisées et les voix se diluent dans un brouhaha .Me voilà au bloc .J'entends des rires .Ils sont dans la routine,moi dans l'accidentel.J'ai toujours détesté l'échéance ,le rendez-vous,le point fixe,tout ce qui balise,alerte et parfois sanctionne,mais ici c'est le verdict que j'attends avec impatience .Je ne suis pourtant pas dans la rumination,ni même dans le fatalisme.Le chirurgien dans son habit vert vient me saluer avant de faire son œuvre,qui je n'en doute pas sera un chef d'œuvre .Un autre homme se présente :"Je suis l'anesthésiste,je vais vous poser une péridurale".Une première piqûre ne le satisfait pas,le cathéter est finalement posé une ou deux vertèbres plus haut.L'injection dans le bras droit et l'inspiration dans le masque me happent ...Je me réveille harnaché,tuyau d'oxygène dans les naseaux,cathéter pour la morphine,un autre pour la perfusion et le brassard gonflant mesurant la tension .Voudrais-je ruer des quatre fers, entravé comme je le suis,la cabriole aboutirait à une catastrophe.Ô miracle ,aucune douleur,si ce n'est une douleur dorsale de position .Quelques heures passées, une chose m'interroge,je n'ai toujours pas pissé ...l' esprit à peine émergé des limbes morphiniques ,je comprends le pourquoi en découvrant la sonde urinaire qui file sous les draps et alimente la poche gisant au pied de la perche ou pend le flacon de glucose.

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:24

Consternant !J'écoute Nicolas Sarkozy...Les "nuits debout"seraient des décérébrés(ceux qui occupent la place de la République n'ont rien dans la tête .Ce sont ses mots).Eh bien non cet homme n'a pas changé !Toujours aussi arrogant .Je l'écoute débiter ses vérités simplistes.Entre les populistes ,usant du manichéisme comme de la pommade universelle guérissant tous les maux ,et lui il n'y a guère différence si ce n'est l'étiquette du flacon .Que dire de ses comparses ,l'œil allumé par la convoitise du pouvoir .Je suis partagé entre le rire et l'indignation .

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 21:16

Embarqué chez les "ouvriers du port",qu'au son de la puissante sirène qui appelait ceux que ta mère ,à l'instar de nombreux Brestois, nommait les"crabes dormeurs",tu moquais pourtant depuis ton enfance.( qu'ils fussent des crabes peut-être ...oui mais aux pinces d' or ).Il ne faut jamais dire fontaine ...et donc pour ne pas rester en rade, après avoir quitté "l'esquif"tu entrais au service de la "flotte".Tu essuyas quelques tempêtes,"matelot"il te fallut maintes fois réduire la voilure,mais baisser pavillon ... tu ne t'y résolus jamais !Et si jamais non plus tu n'aimas l'haleine des anciens, fleurie aux lourds relents du "cambusard",celle des plus modernes parfumée aux senteurs provençale,à la truculence désinhibée des "docteurs","professeurs"et autres "honoris causa",tu ne t'interdisais pas d'applaudir .Bien sûr la cyclothymie "saoulographique" t'irritait.Tu ne goûtais guère l'alcool et sans faire la chasse aux consommateurs excessifs comme les appelait la médecine, tu n'en partageais pas les festivités .Dans les années 80 après un coup de gueule intempestif,un claquage de porte,tu fus expédié à l'atelier du poste 8.Ici la densité de "suceurs de glace"aurait fait fondre la banquise aussi sûrement que le réchauffement climatique.Bon contre bon cœur, tu fis bonne fortune.Tes galons, certes gagnés au"charbon",te furent enfin donnés.Espiègle toujours,tu multipliais les blagues pas toujours appréciées.Ainsi le sifflet pour pot d'échappement que tu dégotas dans un commerce de farces et attrapes ,qui bien introduit dans cette sortie amena un jeune collègue à se faire arrêter par les gendarmes maritimes.Une remarque te fut adressée par un de ses proches,"c'est dégueulasse ce que tu as fait à Gil ...";mouais c'est bizarre comme la rétorsion est toujours mal vécue!Une autre fois dans le petit local dédié au découpage au chalumeau,mais qui nous servait le plus souvent au repli stratégique,boire un café,noircir une grille de mots croisés ou simplement papoter (débiter des conneries sur Jésus le Nazairien dont le père était charpentier aux chantiers de Penhoët),alors que tu buvais un café,un soudeur déposa sur la plaque de contreplaqué faisant office de table,une bouteille de rouge,puis s'en retourna,peut-être chercher un tire bouchon.Aussitôt tu la dérobas et la mis en lieu sûr .Tu l'entendis bougonner puis s'adressant à toi:"je sais que c'est toi" fulmina t-il.Passé un mois ,alors qu'ils étaient quatre réunis pour une collation,tu leur offris la "négresse"subtilisée dans ce même local ."Oh merci Gilbert,c'est sympa".Ha ha ha tu n'est pas un mauvais diable ,après tout ce n'était pas à toi de faire le gendarme !Bon je me laisse aller à des souvenirs pas toujours glorieux .Mais ce qui me consterne c'est l'idée d'avoir à subir les conséquences du crapahutage dans les bords insalubres.Je me revois progresser dans le vaigre(double coque)ou me faufiler dans les endroits les plus improbables des bâtiments de guerre .Demain est un autre jour:le jour de l'opération .

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 19:16

Eh coco tu aurais pu te botter les fesses .Mais comme l'avait dit nombre de profs,partisan du moindre effort tu ne te cassais pas la nénette .Souviens toi cette prof de maths à qui tu ne rendais plus que des copies vierges .Certes la vie n'est pas une équation , du moins pas pour toi qui par identités remarquables ne reconnaissais que les poètes .L'histoire-géo et surtout le français venaient bien te chatouiller les synapses,mais plus fort encore le besoin de liberté agitait ta "caboche".Lire oui,mais pas contraint,lire tout et n'importe quoi mais lire,lire.Te goinfrer de lecture,ingurgiter à te gaver pareil une oie comme si tu présageais une longue traversée du désert .Mais puisque comme te l'avais appris un étudiant de passage dans ta boîte pour emploi d'été,le célèbre Arthur Rimbaud ,à vingt ans avait tout abandonné pour l'aventure ,alors que tu occupasses désormais ton temps à bien autre chose que la lecture ne te culpabilisait plus .Ha ha ha mon pauvre garçon !Oubliées tes chimères ,l'archéologie que tu appelais de tes vœux ,les plaidoiries où tu aurais bluffé ton auditoire avec tes magistraux effets de manche, les manchettes à la une,sinon ta "patte" éditoriale dans un grand titre.La jeunesse c'est beau et c'est con .Englué dans le quotidien tu fus bientôt emporté par une passion dévorante:le jeu.Tourne le monde ...tu compulsais d'autres formats derrière lesquels tu pouvais t'illusionner .Lecteur assidu de la presse hippique tu découvris avec étonnement les savoureux éditoriaux de la"bible"du turfiste.Un peu maigre pour une indulgence ... leur lecture n'était pas une contrition mais un préalable aux péchés à venir .Compulseur infatigable, par calculs et recoupements de critères découverts par ta seule curiosité, tu traquais la pépite .Ici tu gagnes ou tu perds tout seul,pas de chaperon .Les règles sont les tiennes,tu défriches ,tu sèmes et tu moissonnes ,souvent tu glanes,parfois tu engranges ,mais quand la "loose" te colle au cul c'est toi qui est fauché .

Je ne sais de qui sont ces vers appris au collège,mais je les ai toujours en tête

---------------------------------------------------------------

L'espoir qui me remet du jour au lendemain

Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée.

Assis sur un fagot, une pipe à la main

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

L'espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un Empereur Romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article
22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 20:28

Dans le doute depuis trois mois,loin d'avancer comme l'a dit le philosophe,je sasse et ressasse.Pauvre gosse fallait-il que ton caractère impétueux ,peut-être ta paresse et plus sûrement le mal qui te taraudait le ventre te conduisissent au rejet le plus violent de l'école.Lancé dès 15 ans dans le grand bain,très vite baptisé à la douche écossaise,dans cet atelier qui t'accueillit comme le prophète...Il te fallut assumer tes contradictions.A en chier 45 heures par semaine dans une boîte ou le paternalisme vivait encore de beaux jours.Le contremaître petit trapu, la cinquantaine bien sonnée,la mine sévère,accentuée encore lorsqu'il chaussait ses lunettes à monture d'acier .Aviné plus souvent qu'à son tour ce type tirait sa légitimité des échelons gravis aux côtés du fondateur de la SA .Mais encore avait-il l'excuse d'avoir été lui-même un apprenti élevé à la dure,tandis que le chef de fabrication un pédant faisant de l'ironie une illusoire suprématie .(Il prenait les apprentis pour des cons,et nous le lui rendions bien ,cette tâche).Ah il faut bien dire qu'il ne rechignait pas non plus que les autres ,hormis les arpètes,à aligner les "blondes".Chaque semaine( avec je suppose l'accord tacite du singe) , une livraison de casiers tintinnabulants entrait au magasin d'outillage .Bien sûr les conditions de travail étaient propices à l'épanouissement personnel,les doléances entendues ...et nous travaillions donc dans la joie et l'allégresse.Ah il y avait bien des difficultés, par exemple des chariots,même pas hydrauliques,mais à ressorts dynamiques ,chargés d'une tonne de tôle ,qu'il nous fallait au prix d'efforts,selon notre cher Guy(chef de fabrication)formateurs pour notre musculature,tirer sur un sol inégal .Ne nous avait-il pas lancé lors du déchargement d'une semi-remorque nous approvisionnant en socles de fontes :"cela vous fera de belles épaules ".Ha ha ha tout çà à l'heure du déjeuner.(la loi Elkhomri me ferait presque rire).Pauvres apprentis ,oui pauvres !Pauvre l'apprentissage,pauvre la rémunération,pauvre la société qui exploite sans vergogne...Ici le salaire était disaient certains avec une grinçante ironie,le "salaire de la peur";suer sang et eau pour un smic certes complémentaire pour une majorité des employés à une retraite de la marine ,mais quand même !Seuls les trois sableurs-métalliseurs travaillant me semble t-il à la tâche ,sans se faire des couilles en or ,ce qui aurait été un comble pour des "zingueurs",semblaient satisfaits de leur enveloppe mensuelle .L'atmosphère était souvent irrespirable,entre les vapeurs de zinc en fusion projeté au pistolet,les fumées de soudage ou les projections de découpage au chalumeau ,sans compter les émanations du trichloréthylène avec lequel nous dégraissions non seulement des pièces avant peinture,mais également nos "paluches" sales .Pouvions nous savoir, petites mains de l'industrie que cette saloperie nous détruisait les neurones sans compter?

Repost 0
Published by gilbertilo
commenter cet article

Présentation

  • : Zef et Yannick ,le blog de gilbertilo ,Brest
  • Zef et Yannick ,le blog de gilbertilo ,Brest
  • : le serpent qui se mord la queue.actualité, poésie,tranche de vie,humour,et sarcasmes
  • Contact

Recherche

Mamalilou