22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 19:01

Le tyran est là ,recroquevillé dans son fauteuil,un plaid sur les épaules,son regard glisse désespérément derrière les carreaux embués par le dernier souffle .Les doigts portés aux lèvres cherchent une cigarette imaginaire ,celle du  condamné,la dernière à griller avant ...............Il ne sait pas .Ainsi le fier picador n'est plus qu'un cas de conscience,un petit animal fragile et craintif.Ma haine élevée en forteresse s'écroule devant cette vie qui s'enfuit.j' avais construit ma maison sur une montagne de colère et de rancoeur imbriquées,une citadelle d'ironie et de cynisme.Et c'est les armes à la main que je voyageais dans le monde ,heaume et armure ,chevalier adoubé par le roi maudit.Prêt aux joutes les plus rudes ,tant de chemins de croix,tant de luttes intestines.Je marchais contre le vent et tout mon courage et toute ma force dans la résistance .Chienne de vie!Le plancher se dérobe ,c'est comme un accouchement ,un corps étranger implanté dans mes entrailles me déchire.Je saigne et je pleure ,tant d'années de cohabitation tumultueuse,le bébé est mort .Trente-quatre kilos, le poids de mes souffrances passées ,tout à coup dans mes bras d'homme,et c'est trente-quatre kilos de douleurs qui m'étreignent. Nous nous sommes tant détestés,mais là c'est de l'amour qui me sale les joues :"pauvre con" ,"on aurait pu se regarder en face" .Petit garçon je l'aurais étranglé de mes mains ,combien de fois en ai-je rêvé.Je vivrai donc ma vie d'adulte le pardon en bandoulière...!

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commentaires

Punch-frappé 15/10/2012 01:59

Dans ce cas-ci je me dis "Dieu reconnaîtra les siens". Et pardonne à ce pantin vide qui n'a su interpréter le rôle qui lui était dévolu.J' imagine et recréé dans mon coeur ce que j'aurai voulu
qu'il fut. Lui présentant enfin l'image sublimée que j'ai toute créée; telle que je l'aurait voulue et toute imaginée. Alors il détourne les yeux et s'en va tout honteux.

gilbertilo 15/10/2012 21:25



Quand ton ennemi disparaît ,tu restes désemparé,un grand vide soudain.Toute ton énergie t'emporte et tu t'écrases lamentablement.



BALLENDAR 26/02/2011 14:05


tout homme est fragile devant sa mort, c'est sans doute à ce moment qu'il fait pitié, même s'il fut un tyran - la haine n'est pas éternelle, tant mieux, ce n'est pas le meilleur moteur ( il doit me
rester un brin d'éducation judéo-chrétienne, je n'y peux rien)


gilbertilo 26/02/2011 14:28



Le pardon est nécessaire pour bien vivre ,j'en suis convaincu.La rancoeur quand elle s'évacue laisse un grand vide et il est parfois difficile de retrouver son équilibre.L'amour est un bon
suppléant.



sandrin 23/02/2011 20:02


j'ai vu aujourd'hui une interwiew de J. Garcin qui vient de sortir un livre sur son frère jumeau mort à 6 ans. Il disait en substance que la vraie liberté ou libération est de tout dire. on doit
pouvoir tout dire, selon lui. Bien sur on sait que c'est pas possible. mais le blog ça peut fonctionner comme une rencontre d'un soir à laquelle on va se confier. D'autant plus qu'il s'agit ici
d'écrire, non de dire, ce qui transforme notre rapport à notre propre histoire. Et puis ce ne sont jamais que des bribes. Des allusions. Des façons d'approcher sans rien déballer vraiment. Une
évocation, comme tu dis. Enfin bref, c'est bien de se "permettre" aussi.


gilbertilo 23/02/2011 21:59



Je suis d'accord l'écriture plus que la parole.Ne pas connaître la personne çà aide à réfléchir sur le sujet.Prendre de la distance ,à froid tout est plus clair.J'ai il me semble une bonne écoute
de mon prochain mais je déteste les pleurnicheries.Aussi ne me suis-je jamais épanché ,à quoi bon étaler ,j'ai toujours cultivé le bonheur avec un certain succès.Tout dire, si j'osais ,bonjour
les pleureuses toujours prêtes à s'apitoyer au premier mélo venu.Sans parler des psys à l'affût d'une pathologie inconnue ou corroborant leurs chères études!Seul un prof de français plus
psychologue m'a compris ,ce qui m'a passablement gêné.Etre découvert est presque humiliant,comme on cache la misère,on tait la souffrance.Un brave homme que je n'oublierai jamais,tant de forces
m'a t-il données.Oui c'est presque un luxe de s'adonner à la confession sur un blog.Jamais le premier soir.............Sauf super cuite à l'adolescence peut-être mais alors bien déglingué c'est à
dire jamais!La joie se partage ,pas la tristesse.Bon il suffit ,je m'effeuille un peu trop.Bonne nuit .



sandrin 23/02/2011 08:12


Certains dépérissent pour se faire pardonner. Trop facile. Il faudrait pouvoir résister à la compassion. garder sa colère intacte, pour que jusqu'au bout elle fasse sens. Mais peut-être est-ce une
façon aussi de trouver la paix ? est-ce une manière d'abdiquer ou une manière de se consoler ?


gilbertilo 23/02/2011 19:47



 Le pardon te libère mais te laisse aussi désemparé ton moteur n'a plus de carburant.D'ou une certaine dépression passagère et tu te dois de te botter le cul ,rechercher de la hargne pour
poursuivre.Tu n'oublies rien ,tu t'es cru aguerri par les combats menés et tu te rends compte que la fêlure ne se referme jamais.A te voir détâché et toujours joyeux personne ne t'ennuie et
c'est bien.Tu ne supporterais pas que l'on vienne mettre son nez dans ton histoire.Là sur un blog ,je me permets pour évoquer ce syndrome étrange qui nous attache à notre bourreau.Et la fragilité
de l'existence ................te fait pragmatique , carpe diem.



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