10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 19:48

"Allo maman".J'ai la gorge serrée ?Je viens d'apprendre la mort brutale de mon cousin et je me dois d'en informer ma mère.

A ma voix étranglée par l'émotion ,elle décèle un malaise,"çà ne va pas" me dit-elle ,"Armel est mort" lui dis-je péniblement

"Ah tu m'as fait peur ,je croyais que c'était toi"(qui avait un problème),"je ne dis pas que ce n'est pas grave "poursuit-elle(mon coeur fait des bonds,quel égoisme me dis-je)Ok ,elle m'aime beaucoup,elle veille sur le clan en matriarche.La lente mais irrémédiable dégringolade de la déesse Mère a commencé il ya bien des années.De la maman adorée ,élevée en sacro-sainte entité à la femme démystifiée,toute une série de faits plus ou moins mineurs ,des paroles malheureuses et des situations ambigues.La première interrogation corrosive arriva à vingt-cinq ans au cours d'une crise existentielle majeure.Pour la première fois de ma vie ,j'osais affronter la réalité :ma mère n'était pas tout à fait la gentille,la douce qu'elle avait toujours incarné pour moi.Il fallait que j'évacue la nébuleuse tapie dans le soma.Tuer le père dit-on ,moi à défaut de père vivant,il fallait que je tue la mère.M'émanciper du regard à la fois protecteur et malsain d'une bienpensante.Faire le tri ,la maman ,la femme,le chef de famille,démêler l'écheveau,rendre à césar.............Tout à coup la lumière se fait crue ,les yeux brûlent ,et si mon beau-père tant détesté n'était pas le monstre intégral,si les circonstances créaient le personnage.Torts partagés?je l'avais exclu si longtemps?Mais aujourd'hui ,il n'est plus là,les causes évoquées si souvent pour justifier tel ou tel mouvement d'humeur n'existent plus.Et pourtant?Je regrette parfois le temps de l'innocence,le temps des vérités immuables.Le véritable amour n'est t-il pas celui qui comprend sans occulter ,pas le sentiment primaire et animal ,mais le tissage de noeuds serrés  dans le quotidien en toute transparence.S'il m'a fallu souffrir pour me délivrer du mal ,c'est à ce prix que j'ai gagné ma "liberté".Comprendre les raisons de son mal-être ,ouvrir quelquefois une boite de pandore et y trouver le bonheur en y trouvant son âme sans masque.Allo Maman,je t'aime.(Quand même)

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commentaires

mamalilou 21/09/2013 19:07

oh tu sais, toujours plus facile de dédramatiser pour autrui...
pour soi, on se sent toujours moins malin...
^_^

gilbertilo 21/09/2013 20:30



Merci de ta sincérité Mama .Bon je vais te faire une petite confidence.Je ne suis pas retourné chez ma mère depuis plus d'un an et je ne vois ni ma soeur aînée ni mon frère cadet.Il faut savoir
trancher.



mamalilou 15/09/2013 14:46

puisqu'on revient sur le sujet aujourd'hui sur caplibre aussi...

tu sais souvent, la mère est, à l'instant t, bien douce et enveloppante
ce n'était pas une illusion...
c'est son rapport à la vie qu'on lui fait (le travail, le/les conjoints, son entourage, ses difficultés matérielles ou de santé, son propre rapport à sa mère...) qui la transforme
et l'interaction entre la mère dépitée et l'adolescent/adulescent qui s'évertue à "tuer le bébé" en lui
il ne s'agit pas seulement de "voir autrement", ou de "perdre l'innocence et la confiance aveugle"...

gilbertilo 15/09/2013 19:47



Oh il s'en est passé des choses depuis 2011.J'aime évidemment toujours ma mère ,mais comme dit si bien le proverbe :"qui aime bien châtie bien"!Ce que je disais en 2011 s'est confirmé l'année
dernière.Une sombre histoire de politique ,un différent dont je relatais la scène sur mon blog à fait remonter certaines aigreurs ravalées depuis des années.Je comprends les mots apaisants que tu
veux bien prodiguer mais je n'ai pas ta capacité à dédramatiser ce qui me touche au plus profond de moi.



titeforetdeau 03/03/2011 07:58


moi c'est à 45 ans que j'ai réussi à couper le cordon qui le liait à maman,le fait de devenir grand mère à mon tour, m'a fait trouver ma place,me délivrer ,comprendre que moi aussi je pouvais me
révolter ,ce que je n'avais pas fait à l'adolescence,13 ans plus tard,j'ai une grande confiance en moi et je suis heureuse;MAMAN je t'aime comme nous tous tes enfants.


mamalilou 17/02/2011 02:37


très bon descriptif de ces ambivalences...
il nous appartient toujours de copier ou de s'opposer, d'accepter ou de juger, de construire du beau ou de remâcher le passé qui ne se peut changer,
...
et on met parfois du temps à comprendre que le simple fait de parler de "tuer le père" est encore du Freud...! et après presque toutes les failles nous semblent acceptables, les nôtres, les
leurs... et tout contribue à avancer, plus ou moins facilement... et les choix se font sans rapport d'observation comparée à eux...

:)
belle nuit à toi


gilbertilo 17/02/2011 18:44



Moi qui pense ne pas avoir eu de modèle masculin ou qui l'ai refoulé consciemment ?Mon beau-père ne correspondant pas à ma vision formatée ,j'ai cherché ailleurs et j'ai trouvé de quoi me former
et me forger une personnalité.Mais ma mère reste l'artisan principal de la "charpentisation" et malgré tout ,chaque lour je lui en sais gré de mon éducation .



BALLENDAR 14/02/2011 21:42


trouver la raison du mal être et pardonné, c'est là une belle preuve d'amour à sa mère (mais à sa mère seulement)


gilbertilo 14/02/2011 21:44



Une seule mère .Une seule vie .



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