6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 16:08

L'académie de billard est là haut, tout là haut,mais ils n'empruntent jamais l'escalier.La porte en bas à gauche est plus accueillante que tous les vagins du monde,elle aspire et retient et vide les plus couillus, les petites frappes et tous les bipèdes à l'affectivité bancale.Dans la salle un luxe inouï,quelques banquettes en moleskine dégotées à l'hôtel des ventes ou chez Emmaüs s'inventent une nouvelle vie dans ce festival off ou les solitudes s'agitent comme autant d'électrons libres.Les forts en gueule venus des halles voisines, sitôt leur camelote fourguée viennent étaler leur sonnante et trébuchante recette,tandis que les vendeurs de "Macadam" quittent la rue pour ce cercle vicieux.Le boucher blafard,les fesses trop serrées,glisse ses piécettes sur la tablette du guichet comme on pousse ses pions sur le damier,le facteur complexé,lui joue sa virilité sur un matelas de billets bleus ventilés à la caisse.Les amateurs de "Davidoff" (genre je me la pète pour trois ronds dans la poche)tiennent le bar,quand pour beaucoup le petit noir s'allonge jusqu'au premier rapport,souvent exprimé en décibels.On tambourine,on claque des mains,on tape du pied,on chante,on danse.Quelquefois le papier part en confettis,la musique si régulière s'est arrêtée et les noms d'oiseaux volent quand la "neuvième" retentit!!!Le petit bijoutier à la mine de sacristain, la gazette roulée dans la main fouette la table de dépit."C'était pourtant un soleil,un placement de père de famille.............Mais à mi-ligne droite il était déjà mort"!!!Oh il n'est pas le seul à pester,une bronca résonne dans la tabagie,on mutualise les pertes.....Claudine(la tenancière) qui n'en est plus vraiment une depuis longtemps,avec sa voix de rockeuse malingre réprimande les plus fougueux.Mais tout çà c'est du flan, ici tout le monde donne le change,l'argent n'est qu'un passeur et la colère une expression de la jouissance morbide!.Part-on à la guerre sans munitions,même si celle ci est perdue d'avance?La transgression:jouer ce que l'on ne veut pas perdre....sentir les ailes de la mort sur ses tripes et lui faire un bras d'honneur encore une fois ;"je t'emmerde"!!!!Voilà le trip.........

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Published by gilbertilo - dans objets perdus
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commentaires

Punch-frappé 12/10/2012 21:53

" jouer ce que l'on ne veut pas perdre...sentir les ailes de la mort sur ses tripes": comme une impréssion de vécu. Mais peut-être me trompai-je ?

gilbertilo 13/10/2012 10:03



Dire que le lieu était sordide serait d'une ingratitude absolue,vu qu'il n'existait dans ces années là qu'un établissement de ce genre dans notre ville.Vite ce "course par course"devint
le repère d'un groupe cosmopolite,des laissés pour compte se resocialisant pour quelques heures,des commerçants ambulants ou sédentaires ,des dockers un peu rudes etc.Le dénominateur commun :le
jeu.Mais quelle disparité!!!!Vivre intensément des moments borderline sans le savoir pour beaucoup,du sommet aux abîmes quasi instantanément,quel vertige............Je ne joue plus,je ne me racle
plus les tripes et les neurones ne bouillent plus(ce n'est pas très joli mais c'est la conjugaison),le fil du rasoir n'est plus mon chemin quotidien.Ma route est plate ,mais je ne souffre plus
.



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