14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 20:06

IL s'arrache les semelles du sol ,sur sa guitare Santanisé,peut etre même hantée par Jimmy.Derrière ses lunettes cerclées d'acier son regard a une fixité étrange,il est possédé ,comme un danseur de candomblé.La frénésie le mène au nirvana,ses doigts dégomment la caisse,avec une violence maitrisée.Les notes s'enchainent sans anicroches,l'espace se remplit de rock'n 'roll débridé ,l'air électrisé enflamme l'auditoire .Mais il est seul ,il tutoie l'extreme ,l'orgasme géant le submerge,la dernière vague.Ses tripes vibrent ,tendues comme les cordes de son instrument. IL se contortionne de plaisir,tous sens conjugués il exulte.Ses cheveux longs fouettent son visage, dégoulinant de condensation,tant d'émotions dans la peau. Rideau !La réalité tombe comme une sentence,il est là sur un banc,blême ,suffocant ,le vent mauvais lui a apporté la nouvelle .Viré ,il est viré,la lettre recommandée,lui brule les mains,une fois encore le blues le fait frissonner.(Mais bon dieu,il a choisi sa vie ,à défaut d'avoir trouvé sa voie.)IL rêvait de maison bleue ,le pétard au coin des levres,fantasmes psychédéliques,l'utopie soixante-huitarde pour toute convention.Sa Psylvia,l'avais enveloppé dans le voile du désir,enchassé dans le bonheur social,il avait abdiqué.Coiffure soignée et costume gris perle,la banque l'accueillit.Enfouis les accords juvéniles,les chemises à fleurs et les bandanas.La cocaine performante ,a relégué la frivole maryjane au rayon des jouets.Pas besoin de médiator ,pour cette partition,le clavier joue en virtuose sur les places financières.Mais attention le "chef "ne tolère aucune fausse note,pas de sifflets ,pas de tohubohu,du flegme implacable.Finis les débordements de l'artiste,les solos endiablés ,au paroxysme chamanisé.Tu bosses ,money is money!Et le voilà quinqua ,pris dans la tourmente ,la valse des licenciements.Sans réquiem,il s'éloigne ..............dans son manteau raglan,qui lui fait les épaules encore plus basses.Son attaché-case comme une urne funéraire .Derrière ses lunettes cerclées d'or ses yeux bleus ont une fixité étrange .Si le rideau n'est pas fermé ,le magasin est vide ,la malice ,l'espièglerie et autres accessoires ,ont quitté les étagères.Liquidation totale pour cause de transfert.

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Published by gilbertilo - dans objets perdus
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commentaires

nettoue 19/08/2010 18:44


Je viens de lire plusieurs de tes articles. le style ne laisse pas indifférent. Ni fioriture, ou adjectifs comtesse de Ségur, ou érotisme nian nian Harlequin.
Ils seraient plutôt Germinal, Zola a existé. j'ai noté que lévis n'était pas non plus ton genre. Le monde d'aujourd'hui te déplait, tu n'y adhère pas. Tes phrases sont autant de réquisitoire sans
possibilité de cour de cassation. Il y a d'autres façons de voir les choses, la tienne en vaut beaucoup d'autres !
je ne vante pas, je peux écrire dans beaucoup de genres différents, y compris dans le tien ! Mais mon ressenti sera une bonne comédie, et n'égalera pas le tien en profondeur ! je ne suis jamais
blasée. Chaque jour en dépit de coups du sort comme chez tout un chacun, j'apprends et espère.
j'ai aimé se que j'ai lu, je ne le ferai jamais mien, mais je reviendrai souvent partager le tien !merci
Amicalement
Nettoue


BALLENDAR 15/08/2010 22:33


j'ai rêvé de maison bleue comme toute cette génération, puis les crédits, les bouches à nourrir, une femme, ça transforme le bonhomme plus vite que toutes ses résolutions et révolutions


gilbertilo 16/08/2010 07:28



Bien sur il faut manger.Ce qui me déplait se sont les gens qui pleurent sur leurs reves .J'avais 23 ans ,un gars 45 m'adit :dans la vie on a toujours le choix,mais il faut assumer.L'artiste a
peut-etre du cran?



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