2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 16:47

Mon albanais souffrant de lacunes aussi vastes que le lac de Skodra et mon anglais sollicitant des mémoires de collégien,je me fais accompagné à l'hôtel Bérati par ma fille et mon beau-fils(l'un né ici, heureux je crois de dialoguer dans sa langue maternelle,l'autre anglophone d'un niveau enviable).Localisé sans trop de difficultés dans une quasi ruelle, pavée de ces pierres à la patine piégeuse,notre havre estival est une charmante maison, d'époque selon un guide touristique bien connu.Dallée de ce que je crois être de l'ardoise la salle à manger sous un plafond de bois sculpté nous met d'emblée dans une ambiance singulière.Une petite bonne femme nous reçoit avec sobriété."Mirëmëngjés"risque-je.Mirëdita corrige mon beau fils.En effet il est quinze heures passées.Ma chemisette de coton pourtant de première fraîcheur ,souffrant d'une moiteur désagréable rajoute encore au malaise déjà pesant du contact indirect.Il me tarde de poser mes bagages,la douche froide revigorante devient urgente.Passeport visé,note réglée d'avance,notre hôtesse nous propose la visite de diverses chambres côté rue ou côté cour,nous optons côté coeur pour la plus petite agrémentée d'une terrasse surplombant un jardin adjacent à l'hôtel.Les enfants ayant pris congés,nous lançons nos investigations dans cette ville classée par l'UNESCO.Réservant(pas toujours) les clichés touristiques pour l'objectif un peu tronqué de mon numérique,j'ouvre grand les yeux sur une réalité souvent aux antipodes d'une vitrine trop bien vendue dans les guides.Bien sûr mon appareil photo ne me quitte pas,à l'affût que je suis en bon chasseur de raretés et incongruités en tous genres,mais l'image est sans appel ,aussi m'abstiens-je quelquefois de cadrer.Même le diable a son avocat!Ici les créatures de dieu seraient-elles à blâmer des insuffisances d'une administration instable?La voiturette détachée de ce manège déglingué qui fit la joie des enfants gît là perdue dans le parc,vestige insignifiant d'un bonheur trop longtemps"obligatoire".Elle semble m'appeler au secours.Quelle serait son épitaphe?Si devant le café ou les parents consomment (peut-être leur misère aussi)je surprends deux gosses à la peau trop brune,avec des yeux trop grands dans une frimousse sale,logés presque blottis dans la caisse de tôle d'un triporteur usé,je ne suis pas très fier.Je ne suis pas très fier quand le petit garçon comme s'il voulait se défendre d'une blessure de plus brandit un enjoliveur comme un bouclier devant le focus.Un clic et l'image  sur l'écran me rassure.Je l'ai échappé belle.......

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Published by gilbertilo - dans la brocante des mots
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