29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 21:36

Alors que je savoure ma "Glina limon" habillée de rosée,un barbu à l'air revêche,calotte au crochet vissée sur le crâne attire mon regard.Je ne le sais pas encore le ramadan touche à sa fin(j'aurais du m'en douter une banderole tendue à l'entrée de la ville"gezuar bajramit"m'avait accroché l'oeil). J'imagine cet homme en moraliste et même en censeur face aux délitement des moeurs.Planté comme une colonne de justice devant la mosquée des plombs ,prendrait-il à partie les chalands je n'en serais pas étonné.En effet les musulmans albanais selon une source locale joueraient à collin maillard avec les cinq piliers de l'islam.Certes le poète Pashko Vasa le disait bien :"la religion de l'Albanie est l'Albanité"et Enver Hoxha édifiant autour du sanctuaire des milliers de coupoles de béton s'en fit le chantre intransigeant. Singularisme exemplaire,loin de la notion d'entente cordiale,il s'agit ici de liens tissés dans une matrice vigoureuse:l'histoire de ce vieux peuple.Je me souviens d'un reportage sur Arte si mes souvenirs sont bons,le sujet était "les bektashis".De leur doctrine,de leur vision de l'homme et de la religion,je parlerais de leur amour du prochain plutôt que de leur tolérance.Un vieil homme avec une certaine dérision racontait son entrevue avec un haut dignitaire saoudien,celui-ci lui faisait reproche des images du prophète Mahomet en compagnie de sa fille Fatima et Ali son gendre pendues sur le mur.Il répondit le plus simplement du monde ;"tu as bien des photos de ta famille, eh bien c'est ma famille que tu vois là".Voilà je crois que ce que j'ai pu comprendre et apprendre de ces soufis pourrait coller aux valeurs de L'Albanie dans son ensemble. Finalement un de ces nombreux  minibus qui tracent leur route entre les nids de poule, évitant un chien errant ou un piéton nonchalant s'arrête pour charger un groupe, direction Tirana,celui que je vois en rédempteur  y monte lui aussi.


 Les consommations réglées ,un homme nous accroche:"Américains?"nous interroge-t-il."Non français" lui dis-je avec un sourire."Vous cherchez un hôtel" poursuit-il .Nous sommes attendus demain à l'hôtel Bérati,merci .Je le sens désolé,mais je le découvrirai plus tard, il n'est pas le seul à chasser le touriste.La vie est dure et la moindre gratification est la bienvenue.Victimes expiatoires de la crise grecque beaucoup d'exilés économiques sont revenus chercher une solidarité familiale,se faisant en quelque sorte renvoyer l'ascenseur.

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Published by gilbertilo - dans la brocante des mots
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