5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 11:11

Un vrai, un pur ,un dur ,j'irais jusqu'à dire un tatoué tant il a l'encre dans la peau .Son nom :Hugh MacDiarmid.Ça déchire tout:le délicat galuchat des cocottes parfumées à l'eau de rose,et le vieux cuir des maquereaux de l'édition,exhalant le remugle .

Ici ce n'est pas la soupe populaire,il le dit lui-même plutôt crever de faim que de la servir .Si tu prends place à table,affamé ou simplement poussé par un boyau chanteur,désireux de participer au repas,alors il te faudra trouver des couverts,une fourchette, peu importe quelle soit en argent ou en "cochonium"(c'est le mot d'un collègue soudeur)et un couteau digne de ce nom,pour piquer,couper en fins morceaux,car rien n'est rôti,tout est cru .Si tu t'avances dans le sillon ,tu en prendras de la graine,dans ton cerveau gras ou ton cœur sec,elle sera bonne, peut-être  mauvaise selon tes croyances ou ton irréductible scepticisme.Mais nom de dieu il t'aura secoué la paillasse.Il me fallait ce coup de pied au cul,cela faisait bien trois mois  que je n'avais pas vraiment ressenti une telle émotion,depuis"Mort à crédit"(que je peine d'ailleurs à terminer.Moi le gamin boulimique ,lisant jusqu'à trois bouquins par jour (ma mère m'arrachait à mes lectures) devenu lâcheur de la couverture cartonnée,de la préface et de l'exergue au profit des feuillets noircissant du très "poétique"Paris- Turf.) a je l'avoue culpabilisé ,puis songeant à Rimbaud ce génie fulgurant qui délaissa le monde cruel de la poésie pour une vie trop prosaïque qui hélas eu raison de lui ,je  pouvais bien,modeste tâcheron, moi aussi me lancer sans vergogne dans un paradis artificiel.Heureusement je n'en suis pas encore(je l'espère)à l'épilogue ,ce qui anima ma jeunesse ne m'a pas quitté .Mais revenons si j'ose dire à nos moutons écossais ."Un enterrement dans une île",texte qui est aussi le titre un peu révélateur du recueil ;Un enterrement dans une île cela devrait être d'un ennui mortel...si ce n'était un prétexte à une certaine nostalgie. Un monde où s'agrippent encore quelques indéracinables,gardiens des traditions,purs joyaux, que la vie simple,mais sûrement pas facile,a taillé dans le roc .

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