23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 19:16

Eh coco tu aurais pu te botter les fesses .Mais comme l'avait dit nombre de profs,partisan du moindre effort tu ne te cassais pas la nénette .Souviens toi cette prof de maths à qui tu ne rendais plus que des copies vierges .Certes la vie n'est pas une équation , du moins pas pour toi qui par identités remarquables ne reconnaissais que les poètes .L'histoire-géo et surtout le français venaient bien te chatouiller les synapses,mais plus fort encore le besoin de liberté agitait ta "caboche".Lire oui,mais pas contraint,lire tout et n'importe quoi mais lire,lire.Te goinfrer de lecture,ingurgiter à te gaver pareil une oie comme si tu présageais une longue traversée du désert .Mais puisque comme te l'avais appris un étudiant de passage dans ta boîte pour emploi d'été,le célèbre Arthur Rimbaud ,à vingt ans avait tout abandonné pour l'aventure ,alors que tu occupasses désormais ton temps à bien autre chose que la lecture ne te culpabilisait plus .Ha ha ha mon pauvre garçon !Oubliées tes chimères ,l'archéologie que tu appelais de tes vœux ,les plaidoiries où tu aurais bluffé ton auditoire avec tes magistraux effets de manche, les manchettes à la une,sinon ta "patte" éditoriale dans un grand titre.La jeunesse c'est beau et c'est con .Englué dans le quotidien tu fus bientôt emporté par une passion dévorante:le jeu.Tourne le monde ...tu compulsais d'autres formats derrière lesquels tu pouvais t'illusionner .Lecteur assidu de la presse hippique tu découvris avec étonnement les savoureux éditoriaux de la"bible"du turfiste.Un peu maigre pour une indulgence ... leur lecture n'était pas une contrition mais un préalable aux péchés à venir .Compulseur infatigable, par calculs et recoupements de critères découverts par ta seule curiosité, tu traquais la pépite .Ici tu gagnes ou tu perds tout seul,pas de chaperon .Les règles sont les tiennes,tu défriches ,tu sèmes et tu moissonnes ,souvent tu glanes,parfois tu engranges ,mais quand la "loose" te colle au cul c'est toi qui est fauché .

Je ne sais de qui sont ces vers appris au collège,mais je les ai toujours en tête

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L'espoir qui me remet du jour au lendemain

Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée.

Assis sur un fagot, une pipe à la main

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

L'espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un Empereur Romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

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