4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 20:35

IL est onze heures du matin ce trois juillet deux mille quatorze.Mon ego s'il fut jamais centré sur lui-même n'est plus qu'une toupie déhanchée.Au vestiaire,dans mon caisson de fer je raccroche ma blouse bleue,dépose mes chaussures de sécurité ,enfile mes "italiennes" ,mon blouson ,remets un peu d'ordre sur la tablette et la mort dans l'âme je me dirige vers la sortie.En trois petites heures s'est écrit l'épilogue d'une carrière professionnelle jusqu'ici quasi irréprochable.Bah je vous le concède,il y eu bien quelques entorses,au propre et au figuré,mais rien qui nécessitât une procédure comme celle que l'on agite pour me faire signer rapidement un compromis .Je marche sans hâte vers la porte ou la tour Tanguy fait office de sentinelle.Le sympathique vigile me salue ,me voilà mis en vacances.Les escaliers montés machinalement me mènent à la placette près du"Col Bleu".Le tramway me passe sous le nez,mais je ne fais aucun effort pour le rattraper.Je pourrais durcir les maxillaires,ou des poings serrés gonfler mes poches,mais non je suis atone .Ce n'est pas le fait de quitter cette boîte avec laquelle je n'ai jamais vraiment eu d'accointances qui me chagrine,c'est la salissure que l'on m'inflige qui me rend amer .Bien sûr dans la société actuelle je fais figure de privilégié,qui peut aujourd'hui se targuer d'avoir quarante ans de service dans la même entreprise .Beaucoup de mes compagnons ont jeté l'ancre à cinquante printemps .La cessation d'activité anticipée pour cause réelle ou supposée d'exposition à l'amiante leur procurait l'occasion de quitter le navire devenu galère avec la nouvelle gouvernance.Mettre ses fesses à l'abri de la tempête était devenu le credo de bien des anciens,ce que certains firent avec en prime une valise pour prendre des vacances au soleil .Pour les autres ,captifs d'un crédit ou d'une situation familiale plus contraignante,il fallut assumer non sans pression le cap fixé par les nouveaux capitaines d'industrie .Heureusement la fréquence de passage du tram est élevée ,il arrive déjà .Je composte.Le trajet est court .Encore quelques minutes à pied et je suis chez moi .Mon fauteuil et mon ordinateur,une envie folle de taper sur le clavier .Prudence !!Je n'ai pour l'instant rien signé.

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